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MUR ISOLÉ DE BALLOTS DE PAILLE ET ENDUIT DE CRÉPIS NATURELS

Depuis l’apparition des presses à fourrage à la fin du XIXe siècle, les ballots de paille ont parfois été employés en tant qu’isolant rigide pour la construction de bâtiments divers. Généralement, l’intérêt pour cette matière découle de :

  • ses propriétés isolantes;
  • sa faible énergie intrinsèque;
  • sa facilité d’approvisionnement;
  • son coût abordable;
  • la valorisation de matières résiduelles (l’argile et la paille);
  • l’esthétique et la qualité du produit fini.

Bien que ses qualités structurales soient aussi exploitées, le ballot de paille est avant tout employé en tant que matériau isolant, puisque chaque brin de paille est comparable à une petite chambre d’air cylindrique. Il faut savoir que les matériaux isolants détiennent une résistance thermique directement proportionnelle à la quantité d’air emmagasiné dans leur matière. Maintenu sous forme de ballots à l’aide de cordes, l’ensemble des brins de paille constistue une multitude de chambres d’air. Ils offrent ainsi une résistance thermique d’environ R-2 (RSI 0.352) par pouce, ce qui équivaut à un niveau d’isolation de R-30 (RSI 5.283) pour l’épaisseur totale d’un ballot. À cela s’ajoute la valeur isolante du crépi, ce qui permet au mur d’avoir un facteur isolant total d’environ R-35 (RSI 6.164). Notons que la norme actuelle d’isolation pour les murs des bâtiments commerciaux et industriels est de R-15 (RSI 2.642). Il est à noter également qu’un tel mur est étanche à l’air, mais perméable à la vapeur d’eau, ce qui lui confère des propriétés hygrothermiques enviables. La section suivante traite de cet aspect du mur.

Finition intérieure – crépi d’argile

Pour la finition et le recouvrement de la paille, le matériau employé doit protéger la structure isolante et assurer l’étanchéité du mur. En plus de ces caractéristiques, le revêtement choisi doit offrir une bonne perméance à la vapeur et une hygroscopicité élevée. Le crépi à base d’argile s’avère être le composé le plus approprié pour répondre à ces critères.

Dans un mur composite conventionnel, la condensation à l’intérieur d’un mur est évitée grâce au pare-vapeur qui empêche la vapeur d’eau de pénétrer le mur et de se condenser sur une surface froide. Par conséquent, le bâtiment est étanche à la vapeur d’eau et doit, de préférence, être ventilé mécaniquement afin de prévenir des problèmes de condensation ou, pire, de moisissures découlant d’excès ponctuels d’humidité.

La présence d’un crépi d’argile dans une pièce rend l’espace intérieur confortable grâce à la constance du taux d’humidité relative de l’air intérieur. En effet, l’hygroscopicité élevée de l’argile permet de désorber ou d’adsorber aisément la vapeur d’eau en fonction des conditions de température et d’humidité ambiantes.

Ainsi, grâce au taux d’humidité régularisé par le crépi de même qu’à la température maintenue constante grâce à la performance de l’isolation, la qualité de l’air et le confort d’un bâtiment isolé de ballots de paille et enduit d’un crépi d’argile sont excellents.

De plus, contrairement à la plupart des matériaux de construction conventionnels, ni la paille ni l’argile ne dégagent de composés organiques volatils (COV). Pour les personnes souffrant d’hypersensibilité chimique environnementale , cela veut dire qu’elles peuvent habiter le bâtiment sans souffrir des symptômes de l’exposition aux composés chimiques simples, parfois nocifs pour la santé.

 

 

Il était une fois un mur isolé de ballots de paille au centre-ville de Québec…

Pour l’équipe du Centre de l’environnement, ce projet a été, de loin, celui qui a mobilisé le plus de temps et d’énergie de janvier à novembre 2005; c’est aussi un des projets dont elle est le plus fière. Pour les raisons énumérées ci-dessous, le défi était grand.

  • Il n’y avait aucun précédent au pays. Autrement dit, aucun bâtiment commercial connu de quatre paliers n’était alors isolé et fini de cette façon.
  • Au Québec particulièrement, le domaine de la construction est extrêmement réglementé et standardisé, notamment à cause du fait que nos bâtiments sont soumis à des variations extrêmes de température et de taux d’humidité. Ainsi, le Code du bâtiment est sévère et généralement peu flexible. Afin d’obtenir l’autorisation de construire ainsi, un devis technique a été présenté à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). À la suite de l’analyse des documents fournis, la Régie a finalement octroyé le permis de construction.
  • Les corps de métiers dans l’industrie de la construction sont protégés par des conventions syndicales strictes et ils sont soumis à la législation de la Commission de la construction du Québec. Cela rend l’innovation technologique laborieuse dans le domaine de la construction puisque la main-d’œuvre est chère et peu à l’affût de méthodes de construction alternatives.
  • À cette brochette de contraintes, on ajoute un événement fortuit : un incendie criminel qui a causé la destruction du mur au moment où le projet était pratiquement terminé. Le projet a donc dû être repris en entier à l’automne 2005, moment où le mercure commençait à descendre et où les futurs occupants du bâtiment s’apprêtaient à y déménager. La technique de construction proposée a donc été planifiée, conceptualisée et mise en œuvre deux fois plutôt qu’une. Chaque fois, le concept a été adapté à la saison de construction et à l’espace disponible sur le chantier. À la deuxième occasion, l’équipe a tenu compte de l’expérience précédemment acquise tout en considérant les contraintes ajoutées par le froid et les délais raccourcis.

Cela dit, l’expérience acquise lors de ce projet d’expérimentation a été très enrichissante. Elle a doublement contribué à l’avancement et au perfectionnement d’une technique de construction écologique, saine, esthétique et durable. Les contraintes rencontrées ont sans contredit fait progresser les concepts préétablis et elles nous ont permis de renouveler notre engagement à faire connaître l’alternative verte au bâtiment traditionnel.

 

 

 

 

 

Lexique

Perméance à la vapeur : Quantité de vapeur d’eau traversant l’unité de surface d’un élément par unité de temps et pour l’unité de différence de pression, de vapeur, entre les ambiances séparées par l’élément. (Source : Grand dictionnaire terminologique, OLF, 2005.)

Hygroscopicité : Capacité que possède une substance d'absorber et de retenir l'humidité. (Source : Grand dictionnaire terminologique, OLF, 2005.)

Désorber : Libération spontanée ou provoquée des gaz absorbés ou adsorbés par un solide. (Source : Grand dictionnaire terminologique, OLF, 2005.)

Adsorber : Adhésion des molécules d’une substance gazeuse ou liquide à une substance solide. Propriété de quelques liquides ou solides de retenir des gaz ou des liquides par adhésion superficielle. (Source : Grand dictionnaire terminologique, OLF, 2005.)

Hypersensibilité chimique environnementale : Syndrome allergique chronique, multisystématique et polysymptomatique qui est causé par les polluants chimiques présents en faibles concentrations dans l’environnement. (Source : Grand dictionnaire terminologique, OLF, 2005.)

 

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